Notes internes — non publiques
Riyad e Riyad
La même racine unit le jardin ordonné et la discipline du corps et de l’âme.
الرِّياضُ لِأَهْلِهِ، لَا أَهْلُهُ لِلرِّياضِ
Riyad e Riyad
La même racine arabe unit le jardin ordonné (riyad) et la discipline du corps et de l’âme (riyada).
Ce n’est pas un jeu de mots.
C’est l’origine commune de l’espace et de la formation.
Le riad n’est pas seulement une maison avec patio et eau.
Il est déjà, par étymologie, le lieu où s’exercent ensemble le corps et le caractère —
l’équivalent structurel, dans la tradition arabe, de mens sana in corpore sano.
Patio, métier, prière et disciplines du corps se tiennent dans la même maison parce qu’ils partagent la même racine.
Le critère de mesure
La maison n’évalue pas selon le cens.
Le jeune sans moyens est élevé : on lui donne forme, discipline, métier, appartenance.
L’homme pourvu de moyens est abaissé : on lui retire le pouvoir d’achat comme mesure de valeur.
Il n’entre que s’il soutient le regard de ceux qui n’ont pas besoin de son argent.
Les uns et les autres apprennent la même chose :
être jugés pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils peuvent acheter.
Moments concédés
Dans de rares occasions, et pour un nombre strictement limité, la demeure peut permettre une forme de partage mesuré de la vie de la maison.
Ces moments ne constituent ni un droit ni une offre ouverte.
Ils restent internes à la règle du majlis et à la discrétion
de ceux qui vivent de l’autre côté du mur.
L’argent permet d’être considéré.
Il ne crée aucun dû.
Polarité
L’hôte de la Munya est reçu dans une maison qui a déjà ses maîtres.
Il n’est pas le centre. Il est admis.
Ce qui se passe de l’autre côté du mur — formation, discipline, compagnonnage, travail — reste hors de sa portée, sauf geste explicite et rare de ceux qui y vivent.
La porte n’a pas de poignée du côté de la Munya.
C’est volontaire.
الرِّياضُ لِأَهْلِهِ، لَا أَهْلُهُ لِلرِّياضِ
« Le riad est pour les siens, non les siens pour le riad. »